Le masque protège-t-il ?

Le Médecin de la peste qui portait un masque en forme de bec, en occurence Dr. Schnabel de Rome, reproduction de la gravure sur cuivre de Paul Fürst (environ 1656), source Wikimedia.

Nous allons examiner les risques pour la santé auxquels s’exposent à leur insu les personnes qui portent le masque par nécessité et/ou par conviction, ainsi que l’efficacité du port du masque à contrôler l’épidémie (comme le prétend l’exécutif). Mais d’abord, nous allons exposer quelques faits qui sont bien connus. Nous n’avons même pas besoin de les référencer. Au début (mars 2020), selon l’exécutif, il n’était pas recommandé au grand public de porter un masque. C’était considéré comme inutile en France, tandis que dans d’autres pays (par exemple en Chine), le port du masque était déjà généralisé. Ensuite, au tout début du premier déconfinement en mai 2020, le port du masque à l’extérieur et à l’intérieur était imposé, par le moyen d’ amendes administratives. Quand l’épidémie recula au cours de l’été 2020, nous avons dû être un peu laxistes. Ensuite, le port du masque était imposé à nouveau face à la résurgence de l’épidémie. Un moment donné, la lourde tâche d’imposer (ou pas) les masques à l’extérieur (ou/et) à l’intérieur a été confiée aux préfets et aux maires, qui se sont trouvés face à des décisions complexes, consistant à déchiffrer les taux d’incidence et les taux d’occupation de leur territoire afin de décréter le port du masque (ou pas). Le taux d’acceptation et d’application de cette mesure reste variable, selon les territoires, la taille des entreprises, l’avis de chacun (etc.).

Cela n’a pas empêché l’exécutif de prétendre que l’imposition du port du masque aurait ralenti les « vagues épidémiques » et de l’inclure indéfiniment dans l’arsenal des mesures de sa lutte sans fin contre le virus. Par conséquent, nous continuons à porter des masques machinalement, certains même quand ils conduisent seuls dans leur voiture. Et nous ne respectons plus les règles primordiales pour « bénéficier » de cette protection, notamment le fait qu’il ne faut pas toucher le masque avec les mains sinon il faut le jeter, qu’il faut changer de masque toutes les quatre heures, etc.

Que dit la Science ? Est-ce que le port du masque protège ?

Dans une vaste étude publiée en mai 2020 (au moment où la France se déconfinait masquée) dans la revue « Emerging Infectious Diseases » des chercheurs (Jingyi Xiao (et al.)) ont entrepris la lourde tâche d’effectuer une méta-analyse des données publiées sur l’efficacité du port du masque pour protéger contre les épidémies de grippe durant la période 1946–27 juillet 2018. Cette étude est très importante justement parce qu’elle évaluait l’efficacité de la mesure avant l’épidémie de Covid-19 et la polarisation scientifique que celle-ci a provoqué dans divers domaines, comme nous allons le constater par la suite. Les chercheurs n’ont trouvé aucune réduction significative de la transmission des virus grippaux attribuable au port du masque (RR 0.78, 95% CI 0.51–1.20; I2 = 30%, p = 0.25). La liste d’études qui affirment ces résultats est assez longue pour qu’on la dévoile ici.

Évidemment, des études qui « prouvent » le contraire ont été publiées dans le contexte épidémique. Comme par exemple cette étude menée par Renyi Zhang (et al.) et publiée dans la revue « Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America ». Les chercheurs ont analysé des données venant de Wuhan, de l’Italie et de la ville de New York de janvier 23 jusqu’au 9 mai 2020. Ils font valoir que le port du masque a réduit les infections, de plus de 78 000 en Italie du 6 avril au 9 mai et de plus de 66 000 à New York du 17 avril au 9 mai. L’article est premièrement paru en publication numérique le 11 juin 2020. Cela a suscité un tel désarroi chez les chercheurs épidémiologistes américains que le 18 juillet 2020, 6 chercheurs (signataires principaux) et 39 chercheurs cosignataires ont envoyé une lettre à la direction de la revue (signée au total par 45 chercheurs) pour exprimer leurs sérieux doutes sur la méthodologie et les résultats de cette étude. A noter que ces épidémiologistes révoltés n’étaient même pas des « antimasques » (les précurseurs des « antivaccins » étaient des « antimasques », de dangereux complotistes « antisystème » de l’extrême droite, selon la formule consacrée). Ils déclarent dans leur lettre qu’ils croient que le port du masque peut ralentir la transmission du virus (théorie contestable historiquement, comme nous avons analysé). Mais peu importe. L’exécutif pouvait déjà s’appuyer vaguement sur des « études » qui « prouvaient » l’« efficacité » du port du masque afin de l’imposer, de le généraliser, de l’instaurer dans la durée et de corréler son imposition au taux d’incidence.

Il s’agit d’un motif récurrent pour la suite de la création du paradigme : évoquer la « Science », ou plutôt les articles qui soutiennent les allégations, et laisser aux « fact checkers » la tâche de discréditer tout le reste.

Le sujet du port du masque n’est pas anodin. Il prend beaucoup plus de gravité si on prend en compte les effets du port du masque sur la santé. La question (légitime, puisque le port du masque s’installe dans la durée) est posée dans cet article récent, publié le 20 avril 2021, intitulé : « Est-ce le port du masque qui couvre le nez et la bouche entraîne des effets secondaires indésirables à l’utilisation quotidienne et de risques potentiels ? ». Signé par des chercheurs allemands (Kai Kieslinski (et al.), l’article a été publié dans la revue « International Journal of Environmental Research and Public Health ». Il s’agit d’une étude sérieuse qui fait état d’une inquiétude légitime chez des spécialistes sur le port du masque dans la durée par la population générale.

Pour faciliter une évaluation quantitative, les auteurs ont référencé 44 études expérimentales et pour une évaluation substantielle, ils ont analysé 65 études supplémentaires. L’analyse de ces études a dévoilé de nombreux effets négatifs des masques dans plusieurs disciplines. Ces effets font état de la détérioration psychologique et physique, ainsi que des symptômes multiples, décrits par leur citation cohérente, récurrente et uniforme par plusieurs disciplines. Comme par exemple le Syndrome d’Épuisement Provoqué par le Masque (« Mask-Induced Exhaustion Syndrome » , « MIES »), qui commence à inquiéter les scientifiques. Face à ces constats, les chercheurs ont tenté une évaluation objective en mettant en évidence des changements dans la physiologie respiratoire des personnes qui portent le masque. Ils ont prouvé que la réduction du taux d’oxygène est statistiquement corrélée à la fatigue et la déficience respiratoire, que le port du masque s’associe à l’augmentation du taux de CO2, aux maux de tête et à de la fièvre. Ils ont conclu que l’utilisation étendue du port du masque pourrait provoquer des effets et avoir des conséquences à travers divers aspects sanitaires.

Lectures supplémentaires

La littérature scientifique sur les masques est vaste, nous présentons ici quelques études à titre d’exemple. Sur l’efficacité du port du masque :

  • une étude danoise qui fait un essai randomisé avec 6 000 participants, publiée dans la revue « Annals of Internal Medicine » de novembre 2020 n’a trouvé aucun effet statistiquement significatif du port du maque de haute qualité sur la protection de l’infection contre la Covid-19 dans une communauté.
  • Une étude randomisée d’un essai contrôlé de presque 8 000 participants, publiée dans la revue « Plos One » en octobre 2020 a dévoilé que le port du masque « ne semble pas être efficace contre les infections virales confirmées au laboratoire ni contre l’infection respiratoire clinique ».
  • Une étude datée du mois d’août 2021 publiée dans la revue « International Research Journal of Public Health » n’a trouvé « aucune association entre les obligations du port du masque et la portée épidémique aux États Unis ».
  • Il y a pire et ça date d’avant l’épidémie Covid-19 : une étude de 2015 publiée dans le British Medical Journal « BMJ Open » a découvert que les masques en tissu contiennent des particules à 97%, qui, au lieu de « protéger », peuvent augmenter le risque d’infection en retenant l’humidité, et surtout en cas d’utilisation répétitive.

Sur les effets du port du masque :

  • Une équipe de chercheurs du CHU de Leipzig en Allemagne a effectué des tests cliniques qui ont démontré des effets cardiopulmonaires du port du masque chez des adultes en bonne santé. L’article a été publié dans la revue « Clinical Research in Cardiology » le 6 juillet 2020.
  • Passons aux effets psychologiques (il y en a) : cette étude menée auprès de 1000 individus (par Prousa Daniela) démontre qu’il existe des effets psychosociaux graves dus au port du masque obligatoire en Allemagne. Cette étude à été publiée dans la revue « PsychArchives » de l’institut pour de l’information sur la psychologie de Leibniz (Leibniz Institute for Psychology Information).
  • Cet article est assez intéressant parce qu’il est ancien et date avant la controverse. Il s’agit d’un article publié le 19 avril 2008. Signé par le chercheur A. Beder (et al.), il a été publié dans la revue « Neurocirugia » le 19 avril 2008 (original en espagnol). Il s’agit d’une étude observationnelle de 58 chirurgiens qui étaient obligés de porter un masque chirurgical (actuellement en utilisation grand public) lors de leurs opérations chirurgicales. Le moyen d’observation était l’oxymètre. L’étude a dévoilé une diminution de la saturation d’oxygène et une augmentation du pouls, surtout pour les chirurgiens âgés de plus de 35 ans. Les chercheurs concluent que leurs découvertes pourraient avoir une valeur clinique pour la santé du personnel médical qui est obligé de porter un masque chirurgical. Ils n’auraient jamais imaginé au moment de la publication de leur recherche que leur article centré sur le microcosme médical attirerait un jour l’intérêt du public.

A suivre : Les tests sont fiables ?

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