Les tests sont fiables ?

Oeufs dans l’eau salé dans Six semaines de Vacances (1880). Publié par Paul Poiré. Original : The British Library. Numérisation : Rawpixel

Qu’est-ce qu’un test PCR ?

Le terme PCR désigne une réaction en chaîne par polymérase (en anglais : Polymerase Chain Reaction). Les polymérases sont des enzymes qui composent principalement les brins de l’ADN ou de l’ARN (poly = nombreux en grec). Ils s’appellent ainsi parce que leur rôle est justement de prendre des acides nucléiques simples et les joindre ensemble pour former des chaînes d’ADN et d’ARN. Ainsi, les polymérases sont essentiels pour la réplication de l’ADN et de l’ARN.

Qu’est-qu’une réaction en chaîne ? Pour une réaction en chimie, il faut des agents ou des réactifs nécessaires pour qu’elle se produise. Une réaction en chaîne est une réaction durant laquelle un des agents nécessaires pour la réaction est produit lors de la réaction : donc, la réaction peut s’enchaîner.

Revenons à la réaction en chaîne par polymérase, qui se nomme également une réaction de polymérisation en chaîne : il s’agit d’un test d’amplification des acides nucléiques qui composent l’ADN et de l’ARN. L’ADN (acide désoxyribonucléique) est le support de l’information génétique d’un organisme, tandis que l’ARN (acide ribonucléique), qui est chimiquement proche de l’ADN, a le rôle d’« messager », il s’agit d’un support intermédiaire des gènes pour synthétiser des protéines, transmettre les informations génétiques.

La réaction en chaîne par polymérase est une méthode employée en biologie moléculaire. Elle se fait en plusieurs cycles, chaque cycle (montée et baisse de la température successive, en 3 phases appelées dénaturalisation, hybridation et élongation) amplifie le matériau génétique. Cette méthode permet d’identifier l’ADN. Elle est utilisée en criminalistique. Elle peut aussi être employée pour détecter la présence des virus dans l’ARN (la précision de la détection dépendant, bien évidemment du nombre de cycles).

Revenons maintenant au Covid-19 avant lequel, le test PCR n’était que rarement utilisé en médecine, comme par exemple pour détecter la présence du virus VIH. Le génome du virus Covid-19 a été séquencé en décembre 2019 par des scientifiques chinois. Cette découverte a ensuite été publiée le 10 janvier 2020.

Moins de deux semaines après, le 21 janvier 2020, une équipe des chercheurs allemands (Christian Drosten et al.) a soumis pour publication un article sur la détection du Covid-19 avec un test PCR à la revue Eurosurveillance. L’article a été vraisemblablement relu par des pairs en moins de 24 heures, puisque le 22 janvier il a été publié sans modification.

Depuis, un consortium de chercheurs internationaux de plus de 45 spécialistes a relu l’article et a signalé 10 défauts scientifiques majeurs dans cette publication. Il a soumis cette expertise indépendante à la revue Eurosurveillance et il a explicitement demandé le rapport de la relecture qui a permis la publication.

Peu importe si des scientifiques ont exprimé des doutes sur la fiabilité de cette méthode à détecter le Covid-19, et ceci est un motif récurrent dans le paradigme actuel, car les tests PCR ont été malgré tout déployés, sans informer sur le nombre de cycles de polymérisation utilisés à la fois, facteur pourtant décisif pour la fiabilité des résultats des tests. D’autres types de tests ont été inventés (tests antigéniques, autotests etc.) sur le même principe. Se tester pour la Covid-19 est devenu un acte médical banal et a joué un rôle pour le pouvoir exécutif pour se positionner par rapport à la «gravité » de l’ «épidémie » et ceci souvent indépendamment de facteurs objectifs comme le nombre des entrées à l’hôpital, le retour des médecins du terrain sur la circulation des maladies respiratoires, le nombre des lits occupés, etc. Ou les données du réseau Sentinelles.


Lectures supplémentaires

Le 5 janvier 2020, l’équipe du virologue chinois Zhang Yongzhen a séquencé le génome du Covid-19. Ils l’ont déposé au Centre National d’Information Biotechnologique (National Center for Biotechnology Information) des États Unis. Le 11 janvier 2020, le génome a été publié sur le site virological.org du virologue Edward C. Holmes (un peu plus tard, le 3 février 2020 la découverte a été publiée dans la revue Nature). Le 21 janvier 2020, l’article de Victor M. Corman (et al.) sur la détection du Covid-19 par moyen des tests PCR a été publié dans la revue Eurosurveillance (Journal Européen sur la surveillance des maladies infectieuses, épidémiologie, la prévention et le contrôle, en anglais : European Journal on infectious disease surveillance, epidemiology, prevention and control). Le 27 novembre 2020, le Consortium International des Sciences de Vie a déposé officiellement un rapport au comité de rédaction de la revue Eurosurveillance (connu comme le rapport Corman Drosten), indiquant 10 défauts majeurs aux niveaux méthodologique et moléculaire à la méthode de détection proposée par l’équipe de Yongzhen. Les auteurs de ce rapport écrivent, par exemple que : « on a voulu développer et déployer une méthode robuste de diagnostic à utiliser pour les politiques de santé publique sans même avoir le matériau du virus disponible ». Les tests étaient déjà déployées en grande échelle et continuent d’être utilisés, fondés sur la recherche de Colman (et al.). Et ceci malgré le fait qu’il existe plusieurs publications scientifiques qui mettent en cause leur fiabilité, comme par exemple le constat des fameux « faux positifs », prouvé cliniquement par cet article des chercheurs chinois publiée dans le Journal de la Virologie Médicale (Journal of Medical Virology), datant du mois de juillet 2020.

A suivre : Les asymptomatiques sont contagieux ?

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